Une expo au musée du monde arabe : « Ce que la Palestine ­apporte au monde »

Ce que la Palestine ­apporte au monde est une exposition qui se veut une préfiguration du futur musée national d’Art moderne et contemporain de Palestine.

C’est à partir d’un échange entre Elias Sanbar, ancien ambassadeur de Palestine auprès de l’Unesco et Ernest Pignon-Ernest que l’idée a germé de constituer une collection d’œuvres pour la Palestine. Après l’entrée de la Palestine à l’Unesco en tant que pays membre, après l’inscription des sites palestiniens au patrimoine mondial, en abritant ces collections, l’institut du monde arabe (IMA) préfigure le musée national d’Art moderne contemporain de Palestine.

L’exposition se décline en plusieurs espaces, le premier, celui des arts plastiques avec 20 % environ de la collection – qui dépasse les 420 pièces.

Le deuxième est la salle du poème, avec un récital de Mahmoud Darwich, qui déclama l’Éloge de l’ombre haute devant le Parlement palestinien en exil à Alger, en février 1983, au lendemain des massacres des camps de Sabra et Chatila au Liban (perpétrés en septembre 1982).

Le troisième est celui des valises de Jean Genet qui, au même moment, est en train d’écrire Quatre Heures à Chatila, un texte sur les massacres dont il fut témoin. Avant sa mort, en avril 1986, « Jean Genet remet à son avocat, Roland Dumas, deux valises de manuscrits, qui contiennent notamment les traces d’un compagnonnage de seize années avec les Black Panthers et les Palestiniens ».

L’exposition « Images de Palestine : une terre sainte ? Une terre habitée ! » montre la photographie coloniale, orientaliste, très belle sur le plan plastique, mais irréelle. Du fait de son statut de Terre sainte du judaïsme, du christianisme, de l’islam, la Palestine a une relation très particulière au savoir. Dans une 2ème partie, on peut y voir des images de photographes contemporains palestiniens, montrant la vie quotidienne en Palestine, « loin de toute victimisation ou héroïsation. Dotées d’humour noir, leurs œuvres tentent de surmonter le joug de l’oppression (…). Entre photojournalisme et photographie d’art, documentaire ou conceptuelle, ils se réapproprient l’espace public (…) par ces images, ils revendiquent le droit à créer, à s’exprimer, à circuler, mais aussi le droit à la ville, au loisir, au rêve (…) au-delà de l’enfermement (…) ».

L’exposition, qui témoigne de l’art du peuple de Palestine et de ses artistes, se termine le 19 novembre 2023.


Ecrit par Lise - Site

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