Nous sommes, au moins la plupart d’entre nous qui passons sur ce blog, accro aux technologies de l’information avec nos ordinateurs, tablettes, téléphones, que nous utilisons à longueur de journée. Je fais partie de ceux-là, tout en constatant les dégâts, causés notamment par l’utilisation massive des sources d’énergie. Dans ce domaine, un article publié par Nicolas Lambert, cartographe au sein du réseau interdisciplinaire pour l’aménagement du territoire européen, a évidemment attiré mon attention !
Je cite ici une bonne partie de l’article qu’il a publié dans l’Humanité :
« Selon le comptage effectué par Data Center Map, le monde compterait aujourd’hui plus de 10 000 data centers. Ils constituent l’immense infrastructure physique sur laquelle repose notre monde numérique : des milliers de bâtiments, des millions de serveurs, des systèmes de refroidissement, des réseaux électriques et des connexions à très haut débit. […] La France en compte à elle seule près de 400. […] Un exemple particulièrement spectaculaire se trouve en Seine-et-Marne, à Fouju. Un projet prévoit la construction de 11 data centers destinés à constituer l’un des plus grands campus de calcul d’Europe, pour un investissement annoncé de 50 milliards d’euros. À pleine puissance, ces infrastructures nécessiteraient environ 1 000 mégawatts d’électricité en continu, 24 heures sur 24. Cela représente une consommation annuelle équivalente à 15 % de la population francilienne. C’est colossal.
Par ailleurs, l’électricité n’est pas le seul enjeu. Les serveurs produisent également une quantité considérable de chaleur. Les 11 data centers de Fouju pourraient ainsi générer environ 9 TWh de chaleur par an, soit l’équivalent de la consommation annuelle de chauffage de quelque 900 000 logements. Cette chaleur serait rejetée à 99 % dans l’atmosphère, contribuant localement à la formation d’un important îlot de chaleur.
L’intelligence artificielle, souvent présentée comme une technologie virtuelle presque immatérielle, montre ici toute sa matérialité. Derrière le cloud et nos questions parfois ridicules et inutiles posées sur nos smartphones se cachent des infrastructures industrielles lourdes qui mobilisent des ressources considérables tout en produisant d’importantes nuisances environnementales. Derrière la construction d’un monde toujours plus numérique se posent donc des questions essentielles : où voulons-nous installer ces infrastructures, quelles ressources sommes-nous prêts à leur consacrer, comment produire l’électricité nécessaire et, surtout, jusqu’où voulons-nous poursuivre cette fuite en avant sur une planète où les besoins humains les plus élémentaires ne sont pas toujours assouvis et où les matières premières sont inégalement réparties en quantités limitées ? C’est un choix de civilisation. »
Ecrit par Lise - Site
