(Mise à jour le 2 juillet 2023 à 22:30)
Après être allée écouter, au Mémorial de la Shoah, il y a une quinzaine de jours, Une opérette à Ravensbrück. Le Verfügbar aux enfers, composée clandestinement par Germaine Tillion, ethnologue et résistante, déportée au camp de Ravensbrück, je suis allée, cet après-midi, entendre Les mélodies de Gurs à Auschwitz.
Si le camp d’extermination d’Auschwitz est connu, les très nombreux camps d’internement ou de concentration en France le sont beaucoup moins. Celui de Gurs (dans les Basses-Pyrénées de l’époque) me parle, mon père y ayant été interné ; après la chute de la république espagnole, au retour de la guerre d’Espagne, où il a combattu dans les Brigades internationales, il a été arrêté à la frontière franco-espagnole, interné dans le camp de Saint-Cyprien, avant d’être déplacé dans celui de Gurs puis dans celui du Vernet d’Ariège, et enfin déporté dans le camp de concentration de Djelfa en Algérie.
Si de manière générale, la musique est imposée par les autorités des camps dès 1933, constituant un outil de mise au pas et d’annihilation, comme le montre l’exposition en cours (jusqu’au 25 février 2024), La Musique dans les camps nazis, la musique élaborée à Gurs aide les internés à résister et à survivre au système concentrationnaire.
Les chants et mélodies entendus cet après-midi témoignent, parfois avec humour, des terribles conditions du système concentrationnaire et de la volonté de ces derniers de s’opposer à la déshumanisation programmée par les nazis et d’affirmer leur résistance, comme ces infirmières ou médecins, qui non seulement ont essayé d’adoucir la vie des enfants, présents dans le camp, mais les ont parfois accompagnés jusque dans les camps de la mort.
Ecrit par Lise - Site

Merci, Lise, pour ce rappel d’histoire émouvant.